Le jazz.. que dire d’un genre musical et culturel si vaste, si créatif et si influent dans l’histoire musicale du 20ème siècle ? Pour bien faire les choses, j’ai décidé de faire une série d’articles retraçant en gros les différents courants et évolutions du jazz.

Commençons par le début. Le mot jazz est apparu aux environs 1915 ; l’origine du mot est source à controverse, je ne vais donc pas développer cette aspect là mais plutôt parler de son sens musical et culturel.

Le jazz est une musique multi-culturelle qui  prend forme à partir des années 1900 à la Nouvelle Orléans (New Orleans). Il est issu principalement du blues, du ragtime et du gospel. Porté dans ses débuts principalement par les afro-américains, le jazz se jouait à l’origine dans la rue. Le jazz (ou à l’époque le Rag) est une musique joyeuse et pleine de vie. Elle donne envie de bouger, s’amuser.. alors qu’elle était souvent jouée lors des enterrements dans le milieux afro-américains de la Nouvelle Orléans. Les musiciens étaient souvent assis sur un chariots tirés par des chevaux. La formation d’un orchestre de jazz (de l’époque) comprend toujours un trompettiste, un clarinettiste, un tromboniste, parfois une basse et plus rarement de la percussion. Alors que la trompette se charge des mélodies, la clarinette s’occupe des contre-champs et le trombone de la basse continue en se servant abondamment du glissando (possibilité propre à l’instrument). Plus tard, le piano, le tuba, le banjo ou la guitare et encore le chant viennent compléter et enrichir cette formation, qui se sédentarise.

Ce qui caractérise vraiment le jazz est l’accentuation du deuxième et quatrième temps (par opposition au classique préférant le premier et troisième) et l’utilisation du swing (division du temps en 2/3 – 1/3). Ces deux caractéristiques donnent l’aspect dansant du jazz. Par ailleurs, des parties d’improvisations permettent aux musiciens solistes d’exprimer toute leur créativité et leur musicalité. Plus spécifiquement, le jazz des débuts s’illustre par un tempo rapide et la volonté de jouer ensemble. Plusieurs musiciens sortent peu à peu du lot (grâce justement à leurs improvisations). On citera King Oliver, Kid Ory, Louis Armstrong (que tout le monde connaît), Sidney Bechet et son saxophone, les frères Dodds. Un peu plus tard Glenn Miller et son trombone, Duke Ellington et ses big bands feront aussi fureur. Des ensembles comme le Creol Jazz Band ou l’Original Dixieland Jass Band (formés uniquement de musiciens blancs et porté par Nick La Rocca) prennent forme et ont un franc succès dans les cabarets.

Dès les années 20, le jazz New Orleans connait un essor considérable et s’exporte dans d’autres villes telle que Chicago (qui sera plus tard un haut lieu de créations pour le jazz). Les petits ensembles laissent place petit à petit à de véritables Big Bands – composés d’une section de cuivres complètes (trompettes, trombones et tuba), d’une section de bois (clarinettes, saxophones ou encore flûtes traversières), d’un piano, banjo et parfois de chanteurs ou même de violonistes – qu’on appelle volontiers Dixieland.

L’essor du jazz, principalement joué par des musiciens noirs, est au cœur des problèmes raciaux aux Etats Unis. Ainsi, des musiciens comme Louis Armstrong consacreront leur vie à essayer d’obtenir les mêmes droits que les américains blancs. Le jazz est un apport musical et culturel considérable dans la société américaine du vingtième siècle. Il sera synonyme d’ouverture d’esprit et de liberté ! Il connaîtra aussi un franc succès à l’étranger, notamment à Paris où il sera l’emblème des années folles.

Enfin, il est venu le temps d’écouter un peu à quoi cela ressemble. On peut souligner encore l’étonnante gaieté  que porte cette musique émanant du cœur d’un peuple maltraité et l’incroyable envie de danser qui nous prend en l’écoutant !

Joy